Quelques années de réflexions

À s’asseoir sur ses lauriers on finit dans les ronces

Aucun écrivain, poète, peintre ou autre artiste contemporain ne peut vraiment prétendre à une originalité ou créativité complète. Tous sont plus ou moins directement ou subconsciemment redevables à tous ceux qui les ont précédés.
Je tiens depuis des années une liste de mes réflexions que je pense originales, et il arrive même que mon canard en publie quelques-unes. Or, en me corrigeant, j’en ai découverte une juste à temps qui avait déjà été formulée. Lorsque j’avais 20 ans, je pensais avoir tout à dire, et il m’a fallu 55 ans de plus pour comprendre, qu’à l’exception des sciences et techniques de pointe, tout a sans doute déjà été dit ou fait.

*

Force est de constater en ces premières décades du XXIème siècle, que la plupart des dirigeants du monde ne vivent et n’agissent que pour l’argent. Les hommes fussent-ils leurs administrés, la nature, la biodiversité, donc le climat, donc leurs propres enfants, ont peu d’importance. ILS SONT COMPLICES DU PIRE.

*

Un tableau figuratif est non seulement fait pour être vu, mais pour donner à voir, donc pour s’ouvrir à son spectateur, comme une fenêtre sur la scène qu’a voulu représenter l’artiste et dans laquelle le spectateur est invité à pénétrer, non passivement, ni même jouissivement, mais afin d’en devenir lui-même un acteur.

*

Puisque, de toute façon, le présent n’existe qu’en tant qu’illusion, c’est à dire, un infiniment bref point ou instant de transition entre futur et passé, le bonheur ou ce qu’on pense subjectivement avoir été tel, n’en est jamais que le souvenir. En effet, ce qu’on entend communément comme présent, n’est que le futur immédiat, très proche. Car le présent lui même est, à l’instar du point géométrique, purement théorique et n’existe pratiquement pas.

*

Paradoxe : Le présent, seul bout de temps que l’on peut vivre, on n’a même pas le temps d’exister, puisqu’à peine surgi du futur il est passé.

*

Quand viendra-t-il le jour, où nous ne serons plus juifs, musulmans, chrétiens, ou autres convaincus par les belles légendes transmises par nos aînés mais des femmes, ou des hommes pratiquant en privé leurs convictions, ou autres de leurs us sacrés, comme tout intime besoin ne regardant qu’eux seuls, hors du regard public, ni surtout en imposer foi, usage ou pratique à ceux qui ne le veulent ?

*

Triste dualisme entre la liberté du vivre et laisser vivre versus la servitude croire et vouloir imposer cette servitude à autrui.

*

L’avantage bien connu des croyances révélées, c’est qu’elles veulent dispenser l’être humain de penser.
S’il y eut des Ibn Khaldoun et autres saint Augustin, les islamistes, eux, n’en reçurent pas un grain.

*

La France aurait été championne du monde 2018 de foot !? Il y en a qui parlent en rigolant d’une victoire africaine, à cause du grand nombre de noirs dans son équipe nationale. Ils pensent faire de l’humour.

Mais lorsqu’aucune équipe africaine ne s’était vraiment distinguée, cela revêt une valeur symbolique énorme, qui illustre merveilleusement la tragédie actuelle de l’Afrique noire. A de rares exceptions près, ses ressortissants ne peuvent, dirait-on, s’épanouir, briller, exceller, atteindre parfois des sommets, que hors d’Afrique.

C’est que l’organisation sociale, culturelle et surtout politique y est la plupart du temps complètement pourrie et corrompue. Depuis le temps de Lumumba, chaque fois qu’un politicien honnête et altruiste essaie d’y prendre les choses en main, les multinationales qui sucent les richesses africaines et en exploitent jusqu’aux enfants le font tomber (avec l’appui de leurs gouvernements) et remplacer par des marionnettes démagogues et véreuses qui deviennent milliardaires avec toute leur smala. Pendant ce temps là, le reste du peuple, privé de toute chance de s’épanouir en Afrique même, crève la faim, ou émigre et va apporter ses forces vives à une Europe vieillissante.

*

Discours sur la montagne - La béatitude oubliée :
Bienheureux ceux qui peuvent croire qu’il suffise
de croire quoi que ce soit, pour que quoi que ce soit soit !

*

Avoir le « bel » âge, a été pour moi de voir,
en entrant dans un bus bondé,
de jeunes dames se lever.

*

Etre agnostique, c’est croire vraiment, mais non aux balivernes des charlatans.

*

Toutes les religions sont des arnaques, car il n’y a rien de plus aberrant que prétendre parler au nom de Dieu (s’il existe) et affirmer le représenter, ou comprendre sa volonté.

*

Le mensonge d’un individu est un mensonge, le mensonge d’un groupe une croyance, le mensonge d’une multitude une religion.

*

Comment faire comprendre aux inféodés à une religion, qu’adhérer aveuglement à sa fabrication humaine dévalorise le principe même du dieu auquel il est légitime de croire ?

*

La plupart des religions, dont celles « du livre », sont la mise en musique ou interprétation par des hommes (N.B. : jamais des femmes) de ce qu’ils voulaient que soit la volonté de Dieu dans le sens qui leur convenait.

*

Les religions sont des systèmes permettant à des individus ou groupes d’autoproclamés représentants de Dieu d’exercer leur pouvoir spirituel, moral, sociétal et, si possible, politique sur le peuple en l’abêtissant à coups de solutions simplistes à ses problèmes existentiels, jusqu’à l’en rendre dépendant. Elles constituent la première plaie de l’humanité et, si un dieu existe, ce qui, à mon avis, est possible, il voue sans doute la plupart des faux jetons et escrocs qui s’en servent, aux gémonies.

*

Croire ne sert pas à grand-chose,
car, que je croie, ou ne croie pas
en quelque chose, en quelqu’un,
ou en quelque être suprême,
ne change rien, ni influence en rien
le fait, que cette chose, personne,
ou être suprême, existe, ou n’existe pas.

*

Les regards de femme ont toujours été ma seule véritable religion
Je n’ai d’yeux que pour leurs yeux, car leurs yeux sont mes dieux.

*

La vie a-t-elle un autre sens que la vie elle-même ?

*

Rien n’est jamais acquis, hormis le passé, qui est aussitôt perdu.

*

Je plais aux uns, déplais à d’autres
et je n’en fais pas un emphysème.
Que le prince ne m’aime pas, ni même ses apôtres,
je m’en balance ; ce n’est pas mon problème.

Giulio-Enrico Pisani

vendredi 24 janvier 2020