Kasemattentheater, Théâtre du Centaure, Théâtre Ouvert Luxembourg

Une très belle nouvelle saison des 3 petits théâtres

Ils en rêvaient depuis longtemps déjà ! Et enfin, pour la saison 2020-2021, cela s’est fait. Qu’est-ce qui s’est fait, vous demandez-vous ? Ni plus, ni moins qu’une conférence de presse commune, à la Banannefabrik, pour le lancement de la nouvelle saison.

Le Théâtre du Centaure

Pour Myriam Muller du Théâtre du Centaure (www. theatrecentaure.lu), cette rentrée est particulièrement importante, après ce long confinement qui a chamboulé la programmation depuis le mois de mars dernier. La famille sera le fil rouge de la saison. C’est généralement dans le haut de la Grand-rue (4, Grand-Rue) que se produit le Théâtre du Centaure (Am Dierfchen). Cette saison, il en sera quasiment toujours autrement. Les Théâtres de la Ville de Luxembourg et le Kinneksbond de Mamer ont invité l’équipe du Centaure à se produire dans leurs espaces. Il s’agit là d’une belle et très respectable solidarité. La programmation du Centaure est, comme de coutume, alléchante.

Au programme, six créations, dont cinq nouvelles, et une sixième pièce reportée du programme de la saison passée.

Les 14 et 15 octobre, au Kinneksbond de Mamer, on présentera le spectacle «Truckstop» de Lot Vekemans, dans une mise en scène de Daliah Kentges, avec Isabelle Bonillo, Sullivan Da Silva et Elsa Rauchs. La scénographie et les costumes sont d’Anouk Schiltz, la dramaturgie de Sandra Rock, les lumières et l’assistance technique d’Antoine Colla. La pièce nous fait notamment connaître, Katalijne, une adolescente souffrant d’hyperactivité, qui vit seule avec sa mère. La maman gère un bar routier peu fréquenté en milieu rural. Ce polar social tiendra ses promesses, en maintenant le public en haleine.

En novembre, au Théâtre du Centaure, on pourra voir la pièce «Jackie», d’Elfriede Jelinek, avec Cathy Baccega, dans une mise en scène de Valérie Bodson. Cette pièce a été adaptée du recueil «Drames de princesses» de Jelinek. Il s’agit, en fait, d’anti-princesses, qui ne se révoltent pas contre le drame de leur vie, mais consentent plutôt au destin qui leur est imposé. Ici, c’est l’histoire de Jackie Kennedy qui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer.

En décembre il y aura «Bug», de Tracy Letts, une lecture scénique, un thriller fantastique surfant sur la ligne de la peur légitime et de la paranoïa, qui pose aujourd’hui, après le confinement et la pandémie mondiale, un regard impertinent et violent sur les peurs de notre société contemporaine.

Et nous voici déjà en janvier 2021, avec des représentations de «Terres arides», de Ian De Toffoli, qui auront lieu au Théâtre du Centaure, au Centre des arts pluriels d’Ettelbruck (CAPE) et à la Kulturhaus de Niederanven. La pièce sera interprétée par Luc Schiltz et Pitt Simon. Elle raconte le voyage avéré en Syrie, qu’un journaliste luxembourgeois a entrepris en 2019, pour réaliser un reportage sur un militant djihadiste, membre de l’Etat Islamique, dans une prison secrète du territoire occupé par les Kurdes. «Terres arides» constitue le point de départ d’un ensemble de réflexions, notamment sur le rôle du gouvernement qui, à cette date et dans cette affaire, n’a que peu réagi, mais également sur la soi-disant stabilité et paix sociale qui règne au Luxembourg, sur des questions d’ordre éthique, ainsi que sur les motivations et l’avenir des jeunes, errants dans des temps de plus en plus incertains.
En mars et avril auront lieu, dans différentes salles, des représentations de «Hamlet» de William Shakespeare, dans une adaptation et une mise en scène de Myriam Muller.

Et enfin, en avril et mai au Théâtre du Centaure, on présentera «Ensemble» de Fabio Mara, dans une mise en scène de Marja-Leena Junker.

Le Kasemattentheater

C’est dans les archives que le Théâtre des Casemates (14, rue du Puits) à Luxembourg trouve souvent le sel de ses soirées. Le programme de ce théâtre a été présenté lors de la conférence de presse par Lex Weyer et Marc Limpach. Pour ceux qui connaissent ce lieu d’expression, il n’y a pas, vu sa taille et les multiples possibilités de disposition de la salle, de grande difficulté pour y jouer (www.kasemattentheater.lu).

En 1974, Roger Mander­scheid, qui nous a quittés il y a dix ans, avait écrit, sur commande du Kasematten theater, la pièce «Rote Nelken für Herkul Grün». Cette pièce n’a jamais été jouée dans sa version originale, car jugée trop osée dans le Luxembourg très conservateur de l’époque. Serge Tonnar qui s’est attaqué à la pièce, s’est rendu compte qu’elle est, aujourd’hui encore, terriblement d’actualité. Les représentations de cette pièce de Roger Manderscheid auront lieu les 14, 16, 17, 20, 21, 23 et 24 octobre, au Théâtre des Casemates, avec Marie Jung, Nora Koenig, Nickel Bösenberg, Pitt Simon et Konstantin Rommelfangen. La mise en scène est de Serge Tonnar.

Les 28, 29 et 31 octobre, on pourra voir «Lëtzebuerger Fräiheetslidder 2», avec Eugénie Anselin, Jean Bermes, Natasa Grujovic et Georges Urwald, avec les arrangements et choix musicaux de Georges Urwald, et la conception et choix des textes de Marc Limpach.

Marc Baum, Jean Bermes, Rosalie Maes, Dominik Raneburger, Elsa Rauchs, Max Thommes et Anouk Wagener, interpréteront les 5, 6, 8, 10 et 12 décembre, la pièce «Amadeus» de Peter Shaffer, dans une mise en scène de Jacques Schiltz et Claire Wagener. Ces représentations auront lieu au Carré Hollerich.

C’est au Centre national de Littérature (CNL) de Mersch, dans une co-production du CNL et du Théâtre des Casemates, que Marc Limpach lira, le 15 décembre prochain, «Aus der damaligen Gegenwart, Luxemburg 1942-1944 : Tagebucheinträge eines deutschen Journalisten während der NS-Besatzung».

Et nous voici déjà au mois de janvier, mais cette fois au Carré Hollerich, avec «Rosenkranz und Güldenstern auf Greta», un texte de Fanny Sorgo, avec Timo Wagner et Franz Liebig, mise en scène de Daliah Kentges, dramaturgie de Sandra Rock, et scénographie d’Anouk Schiltz.

Au mois de février, c’est au Théâtre des Casemates, que vous pourrez voir la pièce de Ian De Toffoli, «Staycation».

«Weltbühne, das Beste und einige Kuriositäten aus den Jahren 1918-1933», est le titre des lectures qui seront faites, au mois de mars 2021, par August Diehl et Marc Limpach, au Théâtre des Casemates.

Au mois d’avril, dans une mise en scène d’Antoine de Saint Phalle, une dramaturgie de Charel Meder, et un choix de textes de Marc Limpach, Eugénie Anselin interprétera, ou plutôt récitera «Schnouky - Ein Monolog nach Briefen von Andrée Viénot-Mayrisch».

Au mois de mai, plus précisément le 28 mai, il y aura une «Carte blanche à Michel Reis», pianiste de jazz et compositeur de chez nous.

Et la saison du Kasemattentheater ne s’arrêtera pas en si bon chemin car, toujours en mai, vous pourrez apprécier «The Place, it has a Name mixed media installation and performance» ; et en juin, «Das Hausprojekt», une soirée avec les Editions Hydre, et… et… et oui, en août, un projet qui aurait dû avoir lieu en 2020, et qui aura enfin lieu en 2021 : «Judas, zwei Monologe über einen Verrat» de Lot Vekemans et Walter Jens, avec Luc Schiltz et Serge Tonnar, dans une mise en scène d’Anne Simon et de Marion Rothhaar. Et, chères amies lectrices et chers amis lecteurs, où auront lieu ces représentations ? Dans les Casemates du Bock ! Oui, vous avez bien lu, dans les Casemates du Bock, ce lieu emblématique où est né, sous la direction de Tun Deutsch, le Kasemattentheater.

Le Théâtre Ouvert Luxembourg (TOL)

Lorsque Véronique Fauconnet prit la parole, lors de cette belle et dynamique conférence de presse, elle déclara immédiatement que, l’avantage de passer en dernier était qu’il ne restait, évidemment, plus grand-chose à dire.

«Oui, le confinement a été violent, non seulement pour les acteurs, les metteurs en scène et toutes les équipes des théâtres, mais pour le public également. Toutes les mesures de sécurité seront prises, chez nous, comme dans toutes les autres structures. Et, merci au Ministère de la Culture, qui nous a donné les moyens financiers pour nous permettre de nous en sortir».

«En cette période complexe, voir que de grandes salles accueillent de plus petits ensembles, est une grande et belle leçon» a encore tenu à souligner Véronique Fauconnet.

Le TOL (www.tol.lu) propose lui aussi un très beau programme pour cette saison 2020-2021.

Les 21 et 22 octobre, au Centre culturel Celo à Hesperange, «Comme s’il en pleuvait« de Sébastien Thiéry, dans une mise en scène de Jérôme Varanfrain, une scénographie de Jeanny Kratochwil, avec Steeve Brudey, Myriam Gracia, Colette Kieffer et Hervé Sogne. Un soir, Bruno et Laurence trouvent un billet de cent euros dans leur salon. Puis, plusieurs autres. Des liasses de billets viennent chaque jour envahir leur appartement, comme s’il en pleuvait ! Sébastien Thiéry nous plonge dans un univers absurde, bien à lui, et nous met face à nos contradictions et nos fantasmes, dans un grand éclat de rire.

Jeanne Werner sera seule sur scène pour interpréter «Girls & Boys» de Dennis Kelly, les 13, 14, 15, 20, 21 et 24 novembre prochains. Les représentations auront lieu au Kinneksbond, Centre culturel de Mamer. Mise en scène par Marion Poppenborg, cette pièce raconte l’histoire d’une rencontre inattendue, dans un aéroport, qui mène à une relation intense et follement passionnée. Avec ce monologue complexe, drôle et brutal, Dennis Kelly explore les ressorts enfouis de la condition humaine, des relations amoureuses, de la parenté et de la folie.

Les 3, 4, 5, 9, 10 et 11 décembre auront lieu, dans la salle du TOL, des représentations d’une reprise, «Un dîner d’adieu» d’Alexandre de La Patellière et de Matthieu Delaporte, dans une mise en scène de Véronique Fauconnet, avec Jean-Marc Barthélemy, Steeve Brudey et Colette Kieffer, et une scénographie de Jeanny Kratochwil.

La deuxième partie de «Moulins à paroles» d’Alan Beunett, avec Caty Baccega, Jean-Marc Barthélemy et Monique Reuter, dans une mise en scène de Mahlia Theismann et une scénographie de Noémie Cassagnau, sera représentée les 21, 22, 29 et 30 janvier, ainsi que les 3, 4, 5, 11, 12, 13, 17, 18 et 19 février, dans la salle du Théâtre Ouvert. Après avoir créé avec succès trois monologues de «Moulins à paroles» en 2017, le TOL présente une nouvelle partie des récits percutants et profondément humains imaginés par Alan Bennett, dramaturge de renom et observateur critique de la société britannique.

Dans une mise en scène de Véronique Fauconnet et de Colette Kieffer, «L’art du mensonge». Les élèves de l’Option théâtre français du Lycée Michel Rodange essaieront de démêler vérité et tromperie, et utiliseront le mensonge comme ressort dramatique, à travers un montage de scènes et de sketches, allant de Molière, Corneille, Marivaux, Cocteau aux auteurs contemporains comme Florian Zeller ou Marc Fayet. Les représentations auront lieu les 25, 26, 27 et 28 février, dans la salle du TOL.

Tullio Forgiarini a traduit et adapté «Sex with strangers - Sexe, mensonges et littérature» de Kara Eason. Cette pièce explore comment nous inventons et réinventons nos identités, que ce soit en ligne ou hors ligne, et ce qui se passe lorsque notre vie privée entre dans le domaine public. Dans une mise en scène de Véronique Fauconnet, vous verrez notamment sur scène Claire Cahen (toute la distribution des rôles n’est pas encore connue). Les représentations auront lieu au TOL les 22, 23, 24, 29 et 30 avril, ainsi que les 1er, 5, 6, 7, 12, 14, 18, 19 et 20 mai.

La saison se terminera avec «Le mensonge» de Florian Zeller. Dans une mise en scène d’Aude-Laurence Biwer, vous applaudirez sur scène : Véronique Fauconnet, Olivier Foubert, Colette Kieffer et Raoul Schlechter. Les représentations auront lieu au TOL les 10, 11, 16, 17, 18, 24, 25, 26, 30 juin, et 1er, 2, 7, 8 et 9 juillet.

Michel Schroeder

Lew Weyer et Marc Limpach du Kasemattentheater (Photos : Ming Cao)

Dienstag 13. Oktober 2020