Quand difficultés de l’existence et innommable sont exprimés dans des livres
Avec son nouveau livre Paroles d’Hommes, publié dans la collection « Connaissance de l’Inconscient » aux Editions Gallimard (www.gallimard.fr/www.decouvertes-gallimard.fr), tiré comme les précédents de sa pratique de l’analyse au quotidien, au fil des séances et de ses patients, Jacques André, poursuit son travail de réflexion sur la psychanalyse, ses limites et la problématique associée des états dits « borderline » ou « états-limites ». Jacques André est psychanalyste. Il est directeur du Centre d’Etudes en Psychopathologie et Psychanalyse à l’Université Paris 7 Diderot. Les paroles d’hommes qui font se livre disent l’un et l’autre, le toujours et le maintenant, le plaisir à dominer et les regrets du pouvoir perdu. Les paroles d’hommes disent l’amour, la haine, l’indifférence, la vie et la mort. Les paroles d’hommes récoltées dans ce livre disent les temps forts de désordres, de désordres psychiques qui sont le monde des vivants. Autres nouveautés : Avant de J-B. Pontalis dans la collection « Blanche » ; Jeunesse du sacré de Régis Debray dans la collection « Hors Série Connaissance ».
Le 14 juin 1940, les tanks allemands entrent dans Paris, déserte et silencieuse. Huit jours plus tard, la France doit se résoudre à accepter la défaite et l’Occupation. Seule consolation, la Ville Lumière est passée au travers des bombes. Bientôt, un climat étrangement normal se réinstalle : théâtres, opéras, cinémas et boîtes de nuit ré-ouvrent. Pour le plaisir des vainqueurs comme des vaincus. Les Allemands préfèrent voir les Parisiens se divertir plutôt que résister et les Français ont ainsi l’impression que, malgré la défaite, leur liberté créatrice et artistique demeure. Seuls quelques écrivains et intellectuels se demanderont si cette vivacité est une réponse décente aux horreurs de la guerre. Dans son livre Et la fête continue, la vie culturelle à Paris sous l’Occupation, publié aux Editions Plon (www.plon.fr), Alan Riding raconte ces artistes de l’Occupation : écrivains, peintres, compositeurs, acteurs, danseurs. On croise dans ce livre Maurice Chavalier et Edith Piaf, Pablo Picasso, Marcel Carné, Céline, Albert Camus, Jean-Paul Sartre. Tout au long de son récit, Riding met en lumière les cas de conscience de ces artistes. Trahissent-ils en se produisant devant l’ennemi, ou, au contraire, maintiennent-ils leur pays, leur capitale, en vie ? Chez le même Editeur : Le mal d’Algérie de Jacques Duquesne ; Arcadia de Lauren Groff ; Ces histoires insolites qui font la médecine, tome 2 de Jean-Noël Fabiani ; Guide de l’après-bac de Valérie Pécresse ; Moi, Mohamed, esclave moderne, la vie quotidienne des sans-papiers de Mohamed Kemigue et Djénane Kareh Tager ; Dictionnaire amoureux de Napoléon de Jean Tulard.
Le quatrième volume de l’autobiographie de Thomas Bernhard vient d’être publié aux Editions Gallimard (www.gallimard.fr / www.decouvertes-gallimard.fr) dans la collection « L’Imaginaire ». En sa qualité de malade, l’auteur est un observateur impitoyable, il porte témoignage contre l’injustice du destin, la tyrannie et la suffisance des médecins incompétents, l’injustice dans le traitement des malades. Ce livre est plus que le simple récit de l’odyssée d’un malade d’hôpital en maison de convalescence. Thomas Bernhard est un révolté, révolté contre le fait d’être au monde, révolté contre l’arbitraire et l’indifférence des possesseurs du pouvoir médical, révolté contre l’inégalité dans la maladie. Seules la musique et l’écriture le rattachent à la vie, et cette sombre période de son autobiographie est non seulement un tableau du monde des hôpitaux, mais une école de volonté. La langue de Bernhard est inimitable, son livre est le récit d’un pauvre confronté au monde des médecins et des hôpitaux. Dans la même collection : Le train zéro de Youri Bouïda.
Mohyeddine M’Rad, tunisien, fut l’auteur et l’interprète du film « Fou de Kairouan », en 1937. Au cours de sa vie étonnante, il fut homme de théâtre, de presse, homme engagé dans la réflexion politique, culturelle et humaniste, connu et reconnu dans tout le bassin méditerranéen. Le livre Le sang et la mémoire de Kamel et Mohyeddine M’Rad, a été publié aux Editions des Samsara. (direction@editions-des-samsara.fr). Mohyeddine M’Rad a été profondément marqué par sa déportation, lors de la seconde guerre mondiale. Les italiens l’avaient gardé, malgré lui, afin qu’il leur server d’interprète. Après un séjour professionnel au Maroc, en qualité de clerc d’avocat, il rentra en Tunisie, reprit contact avec les intellectuels, les responsables administratifs et politiques et s’engagea contre le colonialisme politique, économique et culturel qui absorbait son pays, cette régence française insupportable. Mohyeddine M’Rad, nourri de valeurs libératrices et humanistes, a séjourné à de nombreuses reprises dans des prisons, mais a toujours réussi à élaborer, dans son jardin secret, cette dimension fabuleuse qui a été la sienne durant toute son existence.
Michel Schroeder
mardi 19 juin 2012
