Des publications qui ouvrent nos horizons
Ceux et celles qui remettent en question la présence des Français issus de l’immigration sur le territoire de l’hexagone sont malheureusement de plus en plus nombreux, tout comme dans notre pays sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui remettent en question la présence de Luxembourgeois issus de l’immigration, ainsi que d’étrangers, sur les terres luxembourgeoises. En France, il n’est pas un jour sans que ces Français issus de l’immigration n’aient à se justifier, à s’expliquer, à légitimer leur présence en France. Eric Zemmour et certains politiques sont les hérauts de cette remise en question de l’appartenance à la communauté nationale française. Mais ils ne sont que les symptômes d’un mal plus grand : l’incapacité à saisir la réalité et la complexité de la situation. En décidant de s’adresser directement à Eric Zemmour et en choisissant d’employer le tutoiement, le principal protagoniste de cette affaire, Mohamed Bechrouri, explique, avec à l’appui des exemples concrets et imagés, tout l’enjeu de ce débat. Entre islam radical et patriotisme dénaturé, il y a la place pour le « vouloir vivre ensemble ». Mohamed Bechrouri cadet d’une fratrie de cinq enfants, est âgé de 28 ans. Il est issus de la première génération. Ses parents se sont installés en France à la fin des années 70. Il a grandi à Aulnay-sous-Bois dans le Quartier des 3.000. A la fin du collège et après avoir participé à la réalisation de plusieurs courts métrages, il a conclu un Bac avec option Cinéma. Il est spécialisé aujourd’hui dans le tournage de programmes culturels et institutionnels. Il vient de publier chez Plon (www.plon.fr) le livre L’arabe imaginaire - Eric Zemmour, mais qu’est-ce que je t’ai fait ?
Depuis des années, maintes questions sont posées et se posent sur les effets des pesticides sur la santé. Il est tout à fait probable que la disparition totale des abeilles dans certaines régions est due à leur emploi intensif. Aussi doit-on envisager dès à présent le remplacement de ces produits, que ce soit dans les vastes exploitations agricoles, dans les jardins grands et petits des r(urbains), voire dans ces cultures miniatures qui agrémentent les balcons et terrasses des citadins. De nouvelles stratégies doivent permettre à ces adjuvants de la vie, de la beauté et de la fécondité des plantes, qui font aujourd’hui l’objet d’intenses recherches (stimulation des défenses naturelles des végétaux, utilisation de produits peu ou pas nocifs, développement de plantes qui dépolluent les sols, symbiose avec des champignons, etc.), d’éviter le recours systématique à des produits chimiques. Dans son livre Cessons de tuer la terre pour nourrir l’homme ! Pour en finir avec les pesticides, publié chez Fayard (www. editions-fayard.fr), Jean-Marie Pelt, botaniste et fervent écologiste avant l’heure, fait le point sur l’ensemble de ces perspectives prometteuses et parfois très originales dont certaines sont d’ores et déjà mises en œuvre à travers le monde.
Jean-Marie Pelt est professeur émérite de biologie végétale et de pharmacologie à l’Université de Metz. Chez le même Editeur : Au cœur des maisons de Donatella Caprioglio ; Biodiversité et société, vers la réconciliation ? de Cynthia Fleury et Anne-Caroline Prévot-Julliard ; Le dernier modèle de Franck Maubert ; La Cité du Travail de Bruno Trentin. Que diraient les animaux ? si on leur posait les bonnes questions de Vinciane Despret, publié à La Découverte (www.editionsladecouverte.fr) est un livre bien plus sérieux qu’il n’y paraît. L’auteure a choisi de raconter vingt-six aventures amusantes ou stupéfiantes qui sont arrivées à des chercheurs, ainsi qu’à des éleveurs, et qui remettent en cause nos idées reçues sur ce que font, veulent, et même pensent les animaux. C’est quand les chercheurs sont obligés de proposer de nouvelles explications hors des sentiers battus, de bousculer ce qu’ils tenaient pour des certitudes bien établies qu’ils deviennent passionnants et même rejoignent souvent le sens commun qui n’a jamais douté une minute de l’intelligence et des qualités morales des animaux. Au fil des récits faits avec brio, on aura même l’impression que les animaux se font un plaisir de créer les situations qui aboutissent à ce que les plus savants des spécialistes soient désarçonnés, obligés de faire de nouvelles hypothèses risquées et, toujours, à constater que les animaux ne sont pas si bêtes que cela ! On se délectera de ces incroyables histoires qui nous obligent à faire, chemin faisant, de l’éthologie et de la philosophie. L’auteur de cette publication, Vinciane Despret est philosophe, chercheuse au département de philosophie de l’université de Liège. Chez le même Editeur : le livre de sociologue Karim Hammou Une histoire du rap en France ; l’ouvrage du linguiste de terrain Nicholas Evans Ces mots qui meurent, les langues menacées et ce qu’elles ont à nous dire.
Le coffret Ecrits critiques 1941 - 2011 de Jean José Marchand, en cinq volumes d’un total de près de 3.000 pages, publié aux Editions du Félin (www.editionsdufelin.com ) a trait principalement au travail critique de Jean José Marchand : ces travaux critiques sont le fruit d’innombrables lectures, méditations, recherches dans le détail et efforts permanents de synthèse. Il s’agit d’un gigantesque panorama de l’histoire littéraire et intellectuelle française du XXème siècle.
Les La Fabrique Editions (www.lafabrique.fr) vient de publier un ouvrage collectif de majeure importance sous le titre Contre l’arbitraire du pouvoir. Les auteurs de ce livre collectif sont des chercheurs, des magistrats, des avocats, des psychiatres. Ils sont impliqués chacun, selon son rôle, dans notre défense à tous contre l’arbitraire du pouvoir. Ce livre s’en prend à l’autorité arbitraire et à ce bon vouloir (ou mauvais vouloir) sur les terrains où ils s’exercent aujourd’hui avec le plus de dégâts, aux dépens des plus vulnérables. Chez le même Editeur : Les filles voilées parlent d’Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian ; La République mise à nu par son immigration, collectif sous la direction de Nacira Guénif-Souilamas.
Michel Schroeder
mardi 31 juillet 2012
